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Les dossiers chauds

Actualité

Une victoire pour la faune sauvage

François Turrian, La Sauge, décembre 2009

Le Tribunal fédéral a finalement rendu son verdict : le canton de Fribourg, en accordant des autorisations de tirs de hérons cendrés sans restriction aux pisciculteurs, a violé la loi. C’est ce qu’estimaient aussi l’ASPO/BirdLife Suisse et Pro Natura, agissant également pour le compte du Cercle ornithologique de Fribourg et de la Société d’étude et de protection des oiseaux «Nos Oiseaux». Les organisations ont du soumettre le cas jusqu’à l’instance juridique supérieure pour se faire entendre.

Les espèces protégées ont encore un certain nombre de droits. Celui notamment de ne pas être décimé dès qu’elles entrent en compétition avec les activités humaines. Les juges de Mont-Repos l’ont confirmé : seuls, des individus isolés causant des dégâts particuliers peuvent être abattus.

Ce jugement renforce donc le statut dont jouissent les espèces protégées en Suisse. C’est un motif de satisfaction pour les organisations de préservation de la biodiversité, à une époque où la coexistence entre les activités humaines et la faune sauvage ne va plus de soi. Il doit aussi nous persuader de mettre en place des mesures de prévention plutôt que de recourir à l’élimination d’animaux qui ne font, faut-il le rappeler, que se nourrir.

Les discussions sur la notion de dégât ne sont pas terminées. Pour certains, le pêcheur et le chasseur, parce qu’ils paient pour pratiquer leur hobby, auraient ipso facto droit à une certaine quantité de prises. Si les prédateurs, qu’ils se nomment héron ou lynx, se mettent à entamer ce « quota », alors, il s’agirait de considérer ces prélèvements comme des « dégâts au gibier ». L’ASPO ne voit évidemment pas les choses sous cet angle. L’homme utilisateur de la nature doit apprendre à composer avec tous les êtres vivants de l’écosystème. Il doit surtout s’employer à laisser aux générations futures une nature complète en préservant et si possible en
améliorant les conditions de vie de la faune et de la flore.

La prochaine révision de la loi fédérale sur la chasse et la pêche qui régit la protection des espèces et les directives cynégétiques et halieutiques sera un autre indice de la volonté d’améliorer la situation des espèces vulnérables. La bécasse des bois, le tétras lyre et le lagopède alpin sont trois espèces que l’ASPO souhaiterait légitimement voir retirer de la liste des oiseaux chassables. Même si la chasse n’est pas le facteur principal de leur déclin, il est difficilement concevable de poursuivre le tir d’oiseaux menacés. L’ASPO attend d’autres améliorations de cette révision, en particulier la mise en place dans toutes les régions du pays de zones de tranquillité pour la faune sauvage.

Les Nations-Unies ont désigné l’année prochaine «Année internationale de la biodiversité». Les activités pour célébrer cet événement seront nombreuses. 2010 marquera simultanément la fin de la campagne ASPO «Biodiversité – source de richesse».

Nous avons décidé de consacrer le dossier spécial de ce numéro à la Hongrie, un pays proche de la Suisse qui a su préserver dans une large mesure son exceptionnel patrimoine naturel. Vous découvrirez les projets de terrain que l’ASPO a soutenus là-bas au fil des années. Bonne lecture et … bon voyage si vous décidez de participer au voyage organisé en collaboration avec le journal «Terre & Nature» dans ce havre de biodiversité !

Bonne et mauvaise notes pour le Conseil fédéral

François Turrian, La Sauge, septembre 2009

C’est la rentrée scolaire. Aussi, vous me permettrez d’accorder une bonne et une mauvaise note au Conseil fédéral. La bonne note tout d’abord.

Le projet de méga-barrage d’Ilisu dans l’Est de la Turquie ne recevra pas la garantie des risques à l’exportation de la part de la Suisse. En accordant une assurance contre les risques à l’exportation, la Confédération facilite l’acceptation des commandes venant de l’étranger qui présentent des risques particuliers à l’égard du recouvrement de la créance. Sans cette assurance, les entreprises suisses impliquées dans le projet ne peuvent que se retirer.

La construction du barrage d’Ilisu menace 5 zones particulièrement importantes pour la biodiversité et les oiseaux dans l’Est de la Turquie. Plusieurs espèces d’oiseaux globalement menacées ainsi que la rare tortue de l’Euphrate à carapace molle vivent dans cette région. En retenant des quantités très importantes d’eau, le barrage priverait les régions avales, en particulier le bassin du Tigre en Irak, de ressources hydriques essentielles. Le projet conduirait en outre au déplacement de 50’000 personnes et à la disparition d’Hasankeyf, le site historique de l’ancienne Mésopotamie.

En Turquie, une large mobilisation contre la construction d’Ilisu s’est développée au fil des années. L’ASPO et BirdLife Turquie ont réalisé un rapport pour informer la Confédération des impacts du projet sur la nature. Malgré les demandes répétées, la Turquie n’a pas fourni de garantie crédible sur les chapitres de la protection des populations concernées, des biens culturels et des facteurs environnementaux. Elle ne respecte ainsi aucun des standards internationaux aujourd’hui admis pour des ouvrages de cette importance.

Une fois n’est pas coutume, osons saluer le courage du Conseil fédéral. En se retirant d’Ilisu, la Confédération maintient sa ligne et conserve ainsi sa crédibilité. Depuis plus de vingt ans, les organisations humanitaires et environnementales, dont Doga Dernegi, le partenaire BirdLife en Turquie, n’ont eu de cesse de dénoncer les impacts colossaux du projet.

Priver d’eau des régions plus grandes que la Suisse, condamner à l’exil des populations entières, modifier la fertilité des sols et faire disparaître des espèces animales et végétales: la production d’électricité ne justifie pas des sacrifices aussi grands. Même si Ilisu se fait, la Suisse et l’Europe pourront se regarder dans la glace sans rougir de honte. C’est déjà ça !

La note insuffisante maintenant. Les prairies maigres de Suisse sont en danger. Le Conseil fédéral a fait réaliser un inventaire de ces lieux précieux dès 1994. Le problème, c’est que l’ordonnance qui aurait dû permettre de concrétiser la protection des 22’941 hectares de prairies et pâturages secs (PPS) n’est toujours pas en vigueur ! Ainsi, ces habitats qui abritent malgré leur faible surface 40% des espèces de plantes et près de la moitié des espèces animales de notre pays continuent de régresser.

Devant cette inertie, l’ASPO et Pro Natura ont décidé de s’associer pour faire bouger les choses, à travers une pétition que je vous invite à signer et à faire signer. Merci pour votre collaboration !

L’arbre qui cache la forêt ?

François Turrian, La Sauge, juin 2009

Les forêts couvrent 31 % du territoire suisse. Selon l’inventaire forestier national, leur surface globale a progressé de 8,2 % entre 1985 et 2006. La principale raison de cette augmentation a trait au recul de l’exploitation agricole en montagne, en particulier au Sud des Alpes. Les pâturages et prairies se colonisent alors rapidement par les arbustes puis les arbres. En examinant ces chiffres seulement, on peut se dire que la forêt se porte bien et que la biodiversité sylvestre doit par conséquent y trouver son compte.

Pourtant, des efforts sont encore à mener pour conjuguer au mieux les multiples fonctions de la forêt. L’ASPO et d’autres organisations plaident pour l’établissement de critères permettant d’augmenter la diversité biologique en forêt. En effet, l’on estime que 40% des espèces végétales et animales du pays, soit environ 20’000 espèces, dépendent des forêts pour leur survie. L’enjeu est donc de taille.

Le pourcentage de vieux arbres et la quantité de bois mort sur pied ou au sol représentent, parmi d’autres, des indicateurs importants de la valeur biologique d’une forêt. Or, les forêts suisses présentent des déficits importants en la matière. Quiconque a pu visiter des boisements dans des pays limitrophes par exemple en France ou en Allemagne, a pu se rendre compte à quel point la proportion de gros et vieux arbres était plus élevée. Sans surprise, ce type de forêts recèle une bien plus grande diversité de plantes et d’animaux. Les pics, notamment, ont besoin de ces arbres pour construire leur cavité et pour trouver leur nourriture.

Le dossier de ce numéro est justement consacré au pic mar, un oiseau peu connu qui habite le pied Sud du Jura. Pour cette espèce, l’ASPO/BirdLife Suisse et la Station ornithologique, sous l’égide de l’Office fédéral de l’environnement, ont lancé l’an dernier un plan d’action national qui vise en premier lieu à favoriser les chênaies, l’habitat préféré de cet oiseau et de beaucoup d’autres espèces.

Si l’amélioration des habitats forestiers est fondamentale, il s’agit aussi d’œuvrer pour diminuer les sources de dérangement des espèces les plus sensibles. Dans le canton de Neuchâtel, l’ASPO, Pro Natura et le WWF Neuchâtel se sont assis autour de la table dressée par l’Etat, avec l’Association neuchâteloise de course d’orientation ANCO, pour trouver des solutions en vue de limiter l’impact de ce sport sur les oiseaux forestiers menacés. Le grand tétras, la gélinotte et la bécasse nichent en effet dans les forêts du haut du canton. Les coureurs, qui sortent des sentiers balisés pour pratiquer leur sport favori, peuvent générer des perturbations à ces oiseaux.

Une convention fixe les modalités de la pratique de la course d’orientation dans trois zones du canton. Elle fixe la pratique du sport entre le 1er août (1er septembre pour les épreuves comptant plus de 500 coureurs) et le 30 novembre. Lorsque la présence d’oiseaux sensibles dans une région est avérée, des zones de tranquillité pourront être désignées. L’ANCO s’engage à ne pas y organiser de courses ou d’entraînements. Enfin, les orienteurs participeront à l’alimentation d’un fond de renaturation des forêts neuchâteloises, géré par l’Etat. Les acteurs se réuniront une fois l’an pour faire le point de la situation. Après trois ans de discussions, cette convention fixe un cadre valable pour dix ans qui évitera de devoir discuter chaque fois qu’une course est projetée.

L’ASPO accepte ce compromis et espère que des initatives globales permettant de limiter les dérangements occasionnés par l’augmentation des activités de loisirs dans la nature germeront ailleurs.

Le rougequeue à front blanc, migrateur et symbole de la biodiversité

François Turrian, La Sauge, mars 2009

Un petit passereau de rien du tout. Quinze grammes de plumes bientôt de retour d’Afrique après un périple de plusieurs milliers de kilomètres. Pour moi, il est toujours émouvant, au sortir d’un long hiver, de revoir et de réentendre le rougequeue à front blanc. Un beau matin, il est là, bien après son cousin, le précoce rougequeue noir qui nous revient déjà au début du mois de mars.

Le rougequeue à front blanc a été désigné oiseau de l’année 2009 par l’ASPO. Autrefois l’un des oiseaux les plus communs autour des villages, il a perdu plus de 70% de ses effectifs en quelques décennies. Le rougequeue est une victime de plus des modifications climatiques et de la dégradation des écosystèmes. Migrateur à longue distance, il est particulièrement vulnérable puisqu’il dépend de bonnes conditions, non seulement dans son aire de reproduction européenne mais aussi sur ses lieux d’escale et d’hivernage.

Le rougequeue a besoin d’arbres creux pour élever ses jeunes et d’un habitat riche en insectes. Comme il chasse au sol, des parcelles de son territoire doivent comporter une végétation rase. Sa survie est ainsi étroitement liée à celles d’autres organismes, eux aussi menacés. Dans nos campagnes, il dépend souvent de pratiques culturales favorables et donc de l’action des agriculteurs.

Pour sauvegarder le rougequeue à front blanc, il convient donc que la Confédération poursuive ses efforts en faveur d’une agriculture proche de la nature et que les paysans soient rémunérés pour les actions et le travail qui profitent réellement à la biodiversité. Plus généralement, il s’agit de tenir davantage compte de la nature dans toutes les politiques publiques. Les sites où vivent encore des populations importantes de rougequeues doivent être suivis et des mesures spécifiques sont à prendre pour favoriser ce bel oiseau, dans le cadre du programme prioritaire de conservation des oiseaux en Suisse, développé par l’ASPO et la Station ornithologique suisse.

Une lueur d’espoir pour le rougequeue à front blanc: les vergers de gros fruitiers, habitat de prédilection de cet oiseau, font l’objet de programmes de soutien de la part de l’Association Hautes-Tiges Suisse qui a abouti à un label, avec le soutien de l’ASPO. Développer des débouchés économiques s’avère ainsi essentiel pour favoriser la biodiversité.

Autre motif d’espérer pour la nature helvétique: la Confédération, sous l’égide de l’Office Fédéral de l’Environnement OFEV, a enfin lancé le processus devant conduire en 2011 au plus tard à la Stratégie Biodiversité Suisse. L’ASPO qui a œuvré depuis plusieurs années dans le cadre de sa campagne « Biodiversité – source de richesse » en faveur de cette démarche attendue depuis 1995, salue cette avancée qui pourrait enfin permettre d’enrayer la diminution inexorable du nombre d’espèces animales et végétales. Notre association représente les organisations de protection de la nature au sein du groupe d’experts constitué.

Enfin, des programmes de conservation des oiseaux migrateurs entre l’Europe et l’Afrique sont nécessaires en vue d’éviter les hécatombes provoquées par la disparition des habitats et les excès de la chasse. Les partenaires BirdLife lancent ainsi cette année la campagne «Born to travel» (littéralement «nés pour voyager»). L’ASPO qui représente BirdLife en Suisse s’associe à cette campagne. Vous recevrez prochainement de plus amples informations.

La nature respire ...

François Turrian, La Sauge, décembre 2008

Ouf! Les Suissesses et les Suisses, ainsi que tous les cantons, ont balayé l’initiative qui visait à supprimer dans les faits le droit de recours des associations de protection de l’environnement. La nature respire...

Pourtant, les initiants n’ont pas été avares en propos fallacieux. Le titre même de l’initiative essayait de faire croire que les recours des associations plombaient la croissance économique!

Les 23 organisations actives dans cette campagne ont mobilisé leurs forces, leur réseau et leurs finances, grâce à de nombreux dons de sympathisants choqués par l’impact que l’initiative aurait pu avoir sur notre environnement. Elles ont appris à travailler ensemble comme jamais. Outre le résultat, c’est l’un des enseignements positifs de ce processus.

La campagne a cependant été longue. Songez que l’initiative parlementaire Hofmann qui a conduit le Parlement a restreindre l’usage de ce droit a été lancée en 2002 déjà.

Ces dix dernières années, en moyenne 7 cas seulement ont été portés devant le Tribunal fédéral par les associations. Cela montre que d’une manière générale, les autorités appliquent plutôt bien la loi. Mais comme dans le même temps, deux tiers des recours sont acceptés par les tribunaux, cela révèle la nécessité de cet instrument pour corriger les projets qui violent le droit.

Les organisations dont l’ASPO ne vont pas profiter du résultat des urnes pour multiplier les actes juridiques. Elles vont continuer à examiner les projets sous le strict angle des lois démocratiques mises en place dans ce pays pour limiter les atteintes au patrimoine culturel, au paysage, à la biodiversité et à l’environnement.

Le peuple suisse est, dans sa grande majorité, attaché à la protection de la nature. Il fait confiance aux organisations pour jouer le rôle «d’avocats de la nature». Celles-ci ont une grande responsabilité qu’elles vont continuer à assumer à l’avenir.

Les organisations espèrent que les autorités politiques vont renforcer encore le dialogue entre les partenaires pour diminuer le nombre de projets non conformes au droit de l’environnement.

Plus largement, les associations attendent que les grands chantiers environnementaux que sont la protection du climat et de la biodiversité, ainsi que la lutte contre le mitage du territoire puissent être empoignés sans tergiverser par le Conseil fédéral. Le maintien de notre qualité de vie en dépend.

Cet automne, outre la votation sur le droit de recours, nous avons pu enregistrer un succès d’étape: la stratégie suisse sur la biodiversité, appelée de nos voeux depuis plusieurs années, va enfin se réaliser !

A l’approche de la fin de l’année, permettez-moi de vous remercier pour votre soutien à l’ASPO, indispensable pour que nous puissions poursuivre notre travail en faveur des oiseaux et de la nature.

Droit de recours des ONG : la nature ne peut se défendre seule

François Turrian, La Sauge, septembre 2008

Le 30 novembre prochain, le peuple suisse devra se prononcer sur l’initiative lancée par le parti radical zurichois et qui vise dans les faits à supprimer le droit de recours des organisations de protection de la nature, du patrimoine et de l’environnement.

Les 23 organisations dont l’ASPO, membres de l’association «Non à l’initiative du PRD zurichois», demandent le rejet de cette initiative contre nature. Sous un titre trompeur «assez d’obstructionnisme - plus de croissance pour la Suisse», les initiants visent à affaiblir l’application du droit de l’environnement dans notre pays. Concrètement, si un projet qui touche à la protection de la nature ou de l’environnement reçoit l’aval du peuple au niveau communal, cantonal ou fédéral, les organisations ne pourraient plus déposer de recours, même dans une réserve naturelle !

Cette proposition, si elle venait à être acceptée, signifierait la porte ouverte à tous les abus. La pression sur nos paysages, sur notre biodiversité et sur notre qualité de vie s’en trouverait encore accentuée. Dans les communes, on imagine sans peine tel promoteur recourir à l’avis des citoyens pour tenter de contourner la législation. De nombreux juristes, jusque dans les rangs radicaux, relèvent que l’initiative pose un gros problème: le peuple n’est pas au-dessus des lois. Les ONG effectuent un travail sérieux; elles soumettent peu de cas aux tribunaux contrairement aux privés et, dans deux tiers des cas, la nature est gagnante. Les projets des investisseurs sont ainsi souvent améliorés dans l’intérêt général. Malgré cela, le parlement a encore durci notablement l’usage du droit de recours durant la dernière législature.
Durant les dix dernières années, on n’a jamais autant construit en Suisse. Faire croire que les organisations bloquent la croissance est tout simplement mensonger. L’initiative ne résout aucun des problèmes de l’économie. Le cas du stade de football du Hardturm à Zurich, souvent cité en exemple par les initiants, n’aurait pas connu une autre issue si l’initiative avait été acceptée à l’époque. Le projet est encore bloqué aujourd’hui, non pas par l’ATE, mais par une banque et les riverains. Les principaux distributeurs de Suisse se sont d’ailleurs distancés de l’initiative.

La nature ne peut pas se défendre toute seule: c’est pour cette raison que le Conseil Fédéral a octroyé aux organisations d’importance nationale la possibilité de demander à la justice de se prononcer dans le strict cadre de la protection de la nature, du patrimoine et de l’environnement. Aujourd’hui comme hier, ces dispositions sont essentielles pour préserver notre base de vie pour les générations futures.

Pour la nature et les oiseaux, merci de voter et de faire voter «NON» le 30 novembre prochain.

Photo: WWF

L'ours, les cormorans et les jets skis

François Turrian, La Sauge, juin 2008

Plusieurs nouvelles sont venues en début d’année renforcer l’impression que la Confédération ne se préoccupe guère du sort de la nature, déjà peu enviable dans notre pays.

D’abord, de nouvelles autorisations délivrées par l’Office Fédéral de l’Environnement OFEV pour abattre des grands prédateurs. Cette fois, il s’agissait de lynx et de l’ours JJ3. Ce dernier a finalement été abattu le 14 avril, alors que toutes les mesures pour éviter qu’il ne vienne piller les poubelles des villages des Grisons n’avaient pas été prises. Ces tirs répétés d’animaux protégés, de retour depuis peu de temps en Suisse, montrent les limites des concepts mis en place par la Confédération. Ils révèlent surtout un pays bien frileux et peu enclin à cohabiter avec ces animaux.

Ensuite, le même OFEV propose de détruire les pontes des cormorans dans les réserves d’oiseaux d’eau et de migrateurs d’importance nationale et internationale OROEM. De plus en plus, les pêcheurs attaquent les cormorans, notamment sur le lac de Neuchâtel. Comme dans le cas de l’ours, on ouvre d’emblée la porte aux revendications d’intervention. Les réserves OROEM sont pourtant très peu nombreuses et ne couvrent qu’une très faible surface des eaux suisses. Intervenir dans ces sanctuaires en modifiant la législation comme le propose l’OFEV, c’est ouvrir la boîte de Pandore.

Le Conseil Fédéral vient de proposer enfin d’autoriser la pratique des jets skis sur nos lacs. Les jets skis sont ces engins bruyants et polluants qui sévissent pour l’instant dans d’autres contrées que la Suisse. La procédure de consultation engagée montre heureusement que beaucoup de cantons ne sont pas du tout favorables à l’arrivée de monstres vrombissants sur nos plans d’eau. Les organisations de protection de la nature et de l‘environnement dont l’ASPO ont bien sûr elles aussi réagi fermement à cette proposition.
Quels points communs existe-t-il entre l’ours, les cormorans et les jets skis ? Ces exemples, choisis parmi d’autres, montrent qu’une partie de la société a de plus en plus de mal à laisser une place à la nature. Celle-ci doit se soumettre à Homo sapiens helveticus ou disparaître. Notre biodiversité est là surtout comme support de la civilisation de consommation et des loisirs. Dès qu’elle vient heurter nos habitudes, il lui faut se résigner à tirer sa révérence.

Voulez-vous vivre et léguer à vos descendants un monde appauvri ? Moi pas... Je continue de rêver d’une planète où l’homme parviendrait à considérer la nature, non seulement pour les services inestimables qu’elle nous rend, mais aussi pour sa valeur propre.

Quelles ressources financières pour nos ressources naturelles ?

François Turrian, La Sauge, mars 2008

Quel investissement la Suisse est-elle prête à consentir pour la préservation de nos paysages et de notre biodiversité ? Poser cette question, c’est mettre le doigt sur l’importance des ressources et sur les coupes sévères qui ont frappé ces dernières années les budgets fédéraux et cantonaux dévolus à la protection de la nature.

En 2003, lors du plan d’austérité fédéral, le budget de chaque département a été amputé en moyenne de 6%. Pour l’Office Fédéral de l’Environnement OFEV, ce montant s’élevait à 17%.

Dernièrement, le nouveau système de péréquation financière et de répartition des tâches entre la Confédération et les cantons a été mis en place. Le ménage fédéral alloue aux cantons des enveloppes pour des périodes de 4 ans, sur la base de contrats de prestation. Dans le domaine de la protection de la nature, cela signifie que les cantons doivent élaborer des projets consacrés aux espèces et aux habitats prioritaires (par exemple les forêts de chênes avec, comme espèce emblématique le pic mar).

Le problème, c’est que les ressources fédérales sont largement insuffisantes pour couvrir les besoins des cantons. Et sans argent, les tâches des cantons ne peuvent être réalisées.
Heureusement, les cantons et les parlementaires ont réagi, ce qui a conduit les autorités fédérales à revoir quelque peu à la hausse ce budget.

Dans le domaine « nature & paysage », la Confédération va dépenser cette année 48 millions. Le budget 2007 affichait encore 52 millions. Ce chiffre ne représente qu’un millième du ménage fédéral. A titre de comparaison, la défense nationale se situe à 8% (4,5 milliards) et le trafic à plus de 13% (7,6 milliards). Une demande de rallonge de 2 millions de francs du budget nature (soit 30 centimes par habitant) avait été demandée au parlement par le groupe écologiste. Sans succès. Et le Conseiller Fédéral Merz d’indiquer : « les devoirs dans le domaine de la protection de la nature et du paysage sont à prendre au sérieux ». Dans le même temps, le ministre des finances a combattu la proposition de hausse. Cherchez l’erreur !

La Suisse n’est pourtant pas un bon élève en matière de préservation de la biodiversité. Le dernier rapport de l’OCDE (Examens environnementaux de l’Organisation de Coopération et de Développement Economiques OCDE. Suisse, Ed. OCDE, 2007) a clairement mis le doigt sur les déficits suisses pour faire face au recul des espèces et de leurs habitats. Une augmentation du budget « nature et paysage » est nécessaire pour faire face à cette situation mais aussi aux nouvelles tâches qui se sont ajoutées comme les nouveaux parcs naturels (+ 10 millions par année) et la protection des prairies sèches (+ 5 millions).

Au moment de préparer le budget 2009, il serait important que l’OFEV et les cantons puissent montrer au parlement de manière concrète quels sont les besoins d’une protection de la nature ciblée et efficace. La stratégie sur la biodiversité que la Confédération refuse toujours de mettre en place et que l‘ASPO appelle de ses vœux aurait aussi un rôle de transparence à jouer dans cette question cruciale des ressources.

La Nature ailleurs ...

François Turrian, La Sauge, décembre 2007

Lors du dernier festival organisé par La Salamandre à Morges, l’ASPO/BirdLife Suisse et l’Association des Amis des Oiseaux AAO, le partenaire BirdLife en Tunisie, ont montré au public quelques-uns des problèmes posés par la conservation des oiseaux migrateurs en Europe et en Afrique du Nord.

Les oiseaux migrateurs symbolisent très bien la question de la préservation de la biodiversité à l’échelle planétaire. A quoi sert-il en effet de sauvegarder les conditions de vie des oiseaux dans un pays si ces mêmes oiseaux se font canarder ou empoisonner dans d’autres lieux, sur leurs routes migratoires ? Poser la question, c’est y répondre. Il est nécessaire de créer de véritables réseaux d’aires protégées. Des refuges où les différents êtres vivants peuvent se déplacer, se nourrir, se reproduire, et assurer les échanges génétiques avec les autres populations de leur propre espèce.

En tant que partenaire suisse de BirdLife International, l’ASPO s’engage avec ses compétences et les ressources financières générées par ses nombreux donateurs et membres, en faveur de la nature d’autres pays. Deux régions géographiques sont privilégiées : l’Europe de l’Est et l’Asie du Sud-est.

En Europe de l’Est, la biodiversité est encore élevée mais les menaces sur l’environnement sont aussi importantes. Plusieurs pays ont rejoint la Communauté européenne en 2004 comme la Slovaquie, la Hongrie et la Pologne. Cette année, ce sont la Bulgarie et la Roumanie qui ont rejoint le giron de l’Union. Les bouleversements socio-économiques liés à la mise aux normes occidentales ont déjà des incidences sur les paysages et les équilibres biologiques. Intensification de l’agriculture, construction de grandes voies de communication sans réel souci des espaces et des populations, gestion industrielle encore balbutiante sont quelques-uns des défis à relever. D’autres régions, plus à l’Est, sont en proie à d’autres difficultés. Les anciens satellites de l’Union soviétique sont devenus indépendants mais les tensions sont nombreuses. En Géorgie par exemple. Ce pays montagneux du Sud du Caucase recèle une nature très riche. L’ASPO s’y engage depuis quelques années pour soutenir le travail du GCCW, le partenaire BirdLife. Découvrez dans ce numéro le dossier illustré concernant la nature de ce pays peu connu.

L’Indonésie est l’une des régions du globe les plus riches en oiseaux et mammifères menacés. Le déboisement des forêts tropicales y est hélas plus rapide que partout ailleurs sous les tropiques. Grâce à une grande persévérance, BirdLife a pu bénéficier d’une concession forestière pour exploiter de manière durable la région de la forêt «Harapan», à Sumatra. Un paradis où vivent 46 espèces d’oiseaux menacés, plusieurs singes, le tapir et le tigre. Ici, c’est par un soutien financier important que l’ASPO a contribué à l’achat de cette concession.

Du niveau local jusqu’à l’échelon international, chaque action en faveur de la biodiversité prend tout son sens, si l’on arrive à la placer dans la perspective d’un véritable réseau du Vivant.

Au nom des collaboratrices et des collaborateurs de l‘ASPO, je vous souhaite d’excellentes fêtes de fin d’année et vous remercie chaleureusement pour votre soutien.

Paysage et biodiversité: quelle Suisse voulons-nous ?

François Turrian, La Sauge, septembre 2007

Le canton de Vaud vient de fêter la reconnaissance de la région de Lavaux au patrimoine mondial de l’UNESCO. Franz Weber, il n’y a pas si longtemps encore considéré comme un paria, est devenu le héros de ce magnifique balcon lémanique. On doit évidemment se féliciter des changements intervenus dans les mentalités. Et souligner aussi l’apport des organisations de protection de la nature qui oeuvrent inlassablement dans le canton de Vaud et ailleurs en faveur de la qualité de notre patrimoine.

A côté de ce succès, il ne faut pas oublier que la Suisse continue de dilapider son sol naturel. Au milieu des années 1980, le Fonds national suisse pour la recherche scientifique avait lancé un vaste programme sur l’état des sols. L’une des études avait démontré qu’un mètre carré de sol cultivable disparaissait chaque seconde dans notre pays. Les experts recommandaient aux politiques de mieux veiller à l’utilisation durable du sol naturel ou proche de l’état naturel. 20 ans après, rien ou presque n’a été fait. Le mitage du territoire continue au même rythme, rendu possible par l’énorme réserve de zones à bâtir, par les projets de dézonage et par l’explosion des résidences secondaires ou principales à la campagne et dans certaines régions de montagne comme en Valais. Ces constructions amènent la réalisation de nouvelles infrastructures très gourmandes en surface comme les routes, les centres commerciaux, les parkings. Ces aménagements contribuent à couper les espaces de vie pour la faune et la flore, occasionnent des nuisances à une partie de la population et augmentent l’imperméabilité des sols, renforçant encore l’impact dévastateur des précipitations.

Pour tenter d’enrayer un tant soit peu le bétonnage inconsidéré de la Suisse, l’initiative pour le paysage a été lancée par 16 organisations de protection de l’environnement avec l’appui de plusieurs parlementaires. L’ASPO s’engage dans ce projet et vous encourage à signer le texte.

Dans quelques semaines, les Suissesses et les Suisses vont réélire leurs députés sous la coupole. La composition du Parlement fédéral est plus importante pour la nature que ce que beaucoup de gens soupçonnent. Le nombre de lois et de textes votés à Berne et qui touchent ce domaine est très élevé. L’ASPO a réalisé un classement des parlementaires qui se représentent ainsi que des nouveaux candidats sur les questions touchant à la biodiversité. N’oubliez pas d’aller voter!

L’environnement est maintenant remonté en tête des préoccupations des Suisses. De bon augure pour l’avenir?

Environnement : la Suisse peut et doit mieux faire

François Turrian, La Sauge, juin 2007

Le second rapport de l’OCDE sur la performance environnementale de la Suisse vient de paraître*. Rédigé par des experts indépendants et des représentants de pays membres, il fait le point sur la situation. Le rapport est sans concession. Certes, la Suisse est, en comparaison internationale, encore un bon élève dans le domaine de la lutte contre les pollutions et le recyclage des déchets par exemple. Mais ses résultats dans le domaine de la protection de la biodiversité sont médiocres.

• La Suisse ne s’est toujours pas dotée d’une stratégie pour stopper l’érosion de sa biodiversité.
• Les listes rouges des espèces menacées continuent de s’accroître. 36% des oiseaux sont vulnérables ou menacés (contre 27% en Allemagne et 19% en France).
• L’on continue de faire disparaître pour les besoins de la construction et des infrastructures 1 m2 de sol chaque seconde.
• Les paiements directs alloués à la qualité écologique des habitats sont très modestes et stagnent comme le montrent les derniers chiffres tirés cette fois de l’Office Fédéral de l’Agriculture. Résultat : peu de surfaces véritablement intéressantes pour la faune et la flore sont générées à l’exception des projets de réseaux écologiques, encore peu nombreux.

Le Conseil Fédéral par la voix de son ministre de l’environnement, a surtout relevé les bonnes notes attribuées dans certains chapitres du rapport mais passe comme chat sur braise sur les lacunes criantes de la Suisse. Pire, une semaine plutôt, les radicaux et UDC du gouvernement forçaient le Conseil Fédéral à soutenir l’initiative populiste des radicaux zurichois visant à supprimer l’application du droit de recours des organisations environnementales. Alors que tous les rapports indépendants ont démontré la pertinence de cet instrument pour une bonne application du droit de l’environnement. Et que le parlement a déjà notablement restreint les possibilités d’action des ONG.

Lors des élections fédérales de cet automne, l’ASPO appellera les citoyens sensibles à la beauté et à l’importance d’une nature riche et variée à voter pour des candidats qui, par leurs prises de position, ont montré qu’ils ne traitaient pas la protection de notre environnement par dessus la jambe. Nous aurons l’occasion de vous en reparler.

Autour du lac de Neuchâtel

François Turrian, La Sauge, mars 2007

Ces temps, le lac de Neuchâtel et ses abords sont le théâtre de plusieurs enjeux importants pour la protection de la nature et des oiseaux.

Les réserves naturelles de la rive sud sont entrées en vigueur depuis quelques années. La Grande Cariçaie n’est pourtant pas encore préservée durablement comme elle devrait l’être. Quelque 200 chalets en situation illégale, à l’intérieur des périmètres vaudois et fribourgeois protégés, devraient être déplacés ou démolis d’ici à 2008. Or, les cantons cherchent à les maintenir moyennant des contrats, au mépris de l’intérêt public. Une situation inacceptable aux yeux des organisations de protection de la nature qui doivent ainsi continuer leur mobilisation.

A l’extrémité Est, le Bas-Lac, un site Ramsar qui comprend notamment les réserves du Fanel et de Cudrefin, devrait faire l’objet d’un plan de gestion. Quels sont les objectifs prioritaires de conservation? Quels sont les problèmes à régler? Comment améliorer encore la canalisation des visiteurs? Voilà quelques questions parmi d’autres abordées par ce plan, sous l’égide des quatre cantons et le patronage de la Confédération. L’ASPO qui a développé des compétences dans la région avec le centre-nature de La Sauge participera à ce processus.

Les pêcheurs professionnels neuchâtelois se plaignent de l’augmentation de la colonie de cormorans sur les îles du Fanel. Ils réclament à cor et à cri des « mesures », concrètement le tir et le dénichage des oiseaux. Alors même qu’aucune corrélation entre le nombre de cormorans et les tonnages pêchés ne peut être prouvée. Le lac est un formidable réservoir de nourriture pour l’ensemble des animaux pêcheurs, homme y compris. C’est le sens de la position défendue par l’ASPO. Nous avons également réalisé une exposition originale sur ce thème, à découvrir au centre-nature de La Sauge.

Enfin, au-dessus du lac, dans les forêts du Haut-Jura neuchâtelois, le projet d’arrêté du canton visant à préserver du dérangement les espèces d’oiseaux sensibles comme le grand tétras, la gélinotte et la bécasse fait couler beaucoup d’encre et de salive. Les associations sportives en particulier sont montées aux barricades. A leur décharge, force est de constater que le projet de l‘Etat, au stade de la consultation, comprenait un certain nombre de lacunes. Là aussi, l’ASPO s’engage aux côtés de Pro Natura, du WWF et de Nos Oiseaux en faveur de ces espèces prioritaires. La limitation des dérangements en forêt est essentielle pour assurer l’existence de ces oiseaux.

L’ASPO s’engage chez nous mais aussi à l’étranger pour assurer la préservation de notre biodiversité. Vous êtes plus de 700 en Suisse romande à avoir rejoint l’ASPO au titre de membre-donateur depuis l’automne dernier. Je vous remercie chaleureusement pour votre soutien qui nous permet d’agir concrètement pour la nature et les oiseaux.


Biodiversité : pourquoi la Suisse a besoin d’une stratégie ?

François Turrian, La Sauge, décembre 2006

Dans le domaine de la préservation de la biodiversité, la Suisse, contrairement à la plupart des pays voisins, n’a pas jusqu’ici développé de stratégie pour préserver sa biodiversité. C’est pourtant un outil essentiel pour définir des objectifs, des moyens, et vérifier leur mise en oeuvre. Plus encore, une stratégie est un véritable outil de communication.

Le 3 novembre dernier, 170 scientifiques, membres des administrations et des ONG se sont réunis sous l’égide du Forum Biodiversité Suisse, la plateforme de l’académie suisse des sciences naturelles pour débattre de la pertinence pour la Suisse de se doter d’une stratégie nationale pour la biodiversité.

La Convention sur la diversité biologique CBD, signée par la Suisse en 1994, demande aux parties contractantes d’élaborer une stratégie, d’assurer l’identification des problèmes et la surveillance de l’état de la biodiversité, ainsi que d’informer l’opinion publique sur ce thème. Jusqu’ici, la Suisse a rempli partiellement ses obligations pour les seconde et troisième exigences de la CBD mais ne veut pour l’instant pas se doter d’une stratégie. La Confédération fait ainsi penser à la personne qui construit une maison en ayant assemblé déjà un certain nombre de pierres disparates (les ordonnances de protection des biotopes, le concept paysage suisse, le réseau écologique national par exemple) mais qui n’a toujours pas obtenu les plans de la maison !

Plusieurs représentants des pays voisins ont déjà mis en exergue la valeur ajoutée d’une stratégie. La France, pourtant pas jusqu’ici particulièrement à la pointe s’agissant de protection de la nature, s’est ainsi dotée d’une stratégie et la met en oeuvre. L’Allemagne et l’Autriche, en suivant des voies différentes, ont également franchi ce pas. Les représentants des trois pays ont souligné à quel point la stratégie permettait de thématiser la biodiversité dans tous les secteurs de la société et de l’administration. Et ceci, sans nécessairement réinventer la roue ou créer une usine à gaz bureaucratique. J’ai été frappé par le pragmatisme des démarches de ces pays.

Pour l’instant, le Conseil Fédéral ne se dit pas intéressé. Un postulat déposé par le conseiller national Kurt Fluri et signé par 74 parlementaires demandant une telle stratégie n’a pas encore été traité. L’Office fédéral de l’environnement va cependant procéder à une évaluation des instruments développés jusqu’ici. C’est un premier pas. L’ASPO donnera son point de vue à cette occasion et continuera à s’engager pour que la Suisse remplisse réellement ses obligations. En 2010, la perte de diversité des plantes, des animaux et des milieux naturels devrait avoir significativement régressé. Le compteur tourne...

 

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